La montagne

21 octobre 2024

La montagne c’est assez tard que je l’ai aimée.

Non pas au travers du ski et de ses artères trop encombrées pour moi, mais grâce à la marche.

 

Au fil des années, mes balades se sont allongées et sont devenues de plus en plus fréquentes

Comme un ingrédient devenu essentiel à mon équilibre.

Immergée dans les montagnes des heures durant, mes jambes plutôt braves malgré mon lipoedème, j’avais trouvé mon moyen de m’évader.

 

Mon sas de décompression.

Celui qui me permettait d’évacuer mais surtout de me régénérer, de reprendre mon souffle pour retourner « à la mine » comme je la nommais !

 

Peut-être des prémices d’un arrêt nécessaire, j’avais déjà quelques fois été stoppée dans ces élans, le temps d’une foulure ou autre même bricole.

 

Mais là, depuis avril 2021, pile 2 mois avant mon burn-out, c’est avec envie et espérance que je regarde passer les saisons.

 

Au fil des années, je me suis « habituée ».

Habituée à ce que mes marches ne ressemblent plus qu’à des marchotes.

Habituée à moins me projeter là-haut.

Habituée à l’inflammation.

À ressentir la crainte.

La crainte d’aggraver la douleur, de nouveau

La peur de ne plus pouvoir.

 

Au fil des années, je me suis habituée.

À l’idée, que ces longues marches en montagne pour moi, c’est peut-être une époque révolue.

 

Aujourd’hui pourtant, dans les lumières d’automne

Je sens l’appel si fort.

Et sur ce télésiège, je pleure.

Je pleure ce qui a été.

Ce qui n’est plus et ne sera peut-être plus.

Je pleure ces sensations que j’ai tant aimées

Et qui longtemps je pense, m’ont comme sauvée.

 

Des sensations de plénitude dont je n’ai retrouvé le goût, nulle part ailleurs.

 

Aujourd’hui, l’inflammation a baissé d’un cran

Mais comme un garde-fou, elle est toujours bien là

Et m’empêche d’oser pleinement.

 

Alors, je me demande.

Comment retrouver la confiance en ce corps qui rame depuis tant d’années maintenant ?

Me sera-t-il possible de goûter à nouveau à ces longues marches dont je rêve viscéralement si souvent encore ?

Dois-je me contenter ? Faire une croix ? Faire avec ?

 

La sagesse m’échappe.

 

Peut-être ai-je surtout à y croire

Croire que je peux.

Accepter les limites de mon corps certes mais aussi apprivoiser l’idée que ce n’est plus comme avant

Mais que c’est quand même

Malgré tout.

 

À suivre…

 

Et vous qui me lisez,  avez-vous été ou êtes-vous empêché de faire cette activité qui vous ressource et vous nourrit ?

 

Carine